Le Grand Festival annuel du lancer de briques rouges et or

Etant en forme aujourd'hui, et ayant du temps à perdre, laissez moi vous conter cette histoire...

Il existe une contrée assez peu connue, située au Nord de notre continent, entre le Royaume Champignon et le Royaume de Végésia. La Principauté Sorbetine (anciennement nommée Royaume Sorbet mais aujourd'hui divisée à cause du mouvement indépendantiste de Novembre 1998 amorcée en réponse à la politique d'exportation de crèmes glacées vers les Pays voisins, chose à laquelle se sont opposés avec fermeté les gourmets du Royaume voulant garder toutes ces bonnes choses pour eux seuls.) est une terre enneigée pendant les 3/4 de l'année, remplie de Pingouins et disposant de très peu de ressources naturelles, une terre sans aucun attrait autre à première vue que ses desserts locaux, base de l'économie du Pays. Pourtant, un évènement mondialement connu et reconnu, fait de cette contrée un endroit merveilleux trois jours par an. Je veux bien sûr parler de la compétition annuelle de Lancer de Briques rouge et or! Et je vais maintenant vous raconter, pourquoi celui de 2014 fut mémorable ...

Un visiteur non-averti aurait trouvé la capitale, Sorbetia, complètement déserte. Intrigué, il en aurait rapidement fait le tour pour constater qu'elle était complètement vide de personnes. Mais, un brouhaha, un son persistant aurait guidé ses pas vers la plus grande infrastructure de la ville : le stade officiel de lancer de briques, communement appellé "stade Tiplouf" suite à une erreur de traduction (Le nom original est beaucoup plus imposant, mais de toute facon c'est trop tard pour changer).
C'est d'ailleurs ce qu'il m'est arrivé cette année-là, alors que je venais encourager mon pote Wario qui prenait part à la compétition.

Perdu dans la ville, il me suffit de suivre la source de cette agitation pour trouver le stade. J'ai alors pu être témoin de la plus grande finale de lancer de briques rouges et or de tous les temps. Il ne restait avec Wario qu'une poignée de participants, et la lutte avait été acharnée, me disait un Koopa à moustaches (sisi, ca existe). Le premier des concurrents encore en liste s'avançait sur le terrain, avec une étrange valise à digicode attachée par des menottes à son poignet. Un homme vint le délivrer de son fardeau et l'ouvrit devant lui. Il faut savoir que chaque participant est tenu d'apporter avec lui sa propre brique, celle qu'il lance, et son habileté se mesure non pas à partir de sa seule performance, mais également à la beauté de cette brique. La brique de ce participant était éblouissante de beauté. Elle était .. elle était ... elle était jaune. Mais d'un jaune, mes amis! Impossible pour moi de décrire cette couleur ici. Prenez du jaune et ajoutez tout ce que vous pourrez de beauté, de prestige, de magnificience, et vous serez encore loin de la réalité de cette teinte qui s'offrait alors à nos yeux éblouis. Alors que je ne pouvais détacher mon regard de ce qui finalement quand on y pense bien n'était qu'une brique, le joueur, ayant fini de s'échauffer, la prit dans sa main, prit ses 2.075 mètres d'écart réglementaire et s'élança! Un éclair jaune vola à travers les airs, filant dans l'azur bleuté pour décrire une courbe magnifique au dessus du stade.
On tenait assurément le vainqueur de cette année, et tout le monde se félicitait déjà de cette brillante victoire en se jetant les uns sur les autres en une danse rituelle consistant à tourner sur soi-même  en remuant les bras.

Mais c'était sans compter sur le suivant participant qui arriva en fourgonette blindée, suivie de plus ou moins près par deux camionettes noires. Des camionnettes sortirent deux Toads tout de noir vétus avec des lunettes de soleil assorties, portant une caisse en métal à triple serrure. Puis la porte de la fourgonette s'ouvrit pour laisser sortir l'athlète. Il s'avanca et ouvrit la caisse, et un vive lueur rouge fit s'exclamer le public en liesse. La brique de ce joueur était d'une teinte rouge au delà de toute description. Lave en fusion, coccinelle électrique, fraise cosmique... A son tour, le sportif s'avança sur la piste, les jambes moulées dans son justaucorps Sadida. Il prit ses 2.81mètres d'écart (car il faisait 2.35cm de plus que l'homme précédent) et s'élança! La brique disparut presque instantanément du champ de vision des spectateurs ébahis, tant elle parti vite. Et loin! Une étrange jeune femme, habillée en tenue traditionnelle Sorbetine avec des sabots de bois s'exclama :
"Rudidjû! Elle a du crever l'atmosphère celle-là!"

La foule était en délire! On comptait déjà 6 overdoses de joie, 23 blessés suite à des danses trop rapides, et le nombre allait croissant! Mais le son des hélicoptères E.Gadd se fit alors entendre dans le ciel (toujours azuré), encerclant le stade de leur métal menaçant. Une paire de tanks firent leur entrée sur le terrain au même moment, suivis de camions regorgeant de Koopas. A la suite de quoi arriva un Clown-Car volant, qui annonca le concurrent suivant, qui n'était autre que Bowser.
Le silence se fit dans le stade, tout le monde se figea lorsque Bowser s'empara de sa brique, de couleur rouge...qui était tout ce qu'il y a de plus normal. Vraiment, rien à dire la dessus. Le public aussi était décu. Toute cette mise en scène pour ca...enfin bref. Bowser prit sa distance d'élan réglementaire, passa sa brique sous ses aisselles comme le voulait la coutume du Pays, et la brique partit loin. Mais il avait perdu de toute facon, car il avait négligé l'aspect esthétique de la chose. Ce que les juges ne lui dirent pas tout de suite par peur des représailles.

Vint ensuite le dernier concurrent. Vous l'aurez deviné, c'était Wario. Il s'avanca jusqu'au milieu du stade à pied, sans véhicule, sans cortège. Il aurait bien voulu faire une entrée sensationnelle dans sa Wariomobile, mais celle ci n'avait malheureusement pas pu passer la frontière. Il savanca donc, et sortit de la malette qu'il transportait une brique jaune, mais d'un jaune! C'est simple, si je ne connaissais pas la cupidité de Wario, j'aurais pu penser qu'il s'agissait d'un lingot d'or. Mais Wario ne lancerait jamais un lingot d'or au loin, l'abandonnant à un sort incertain. C'était donc une brique ordinaire, si ce n'est la couleur...éblouissante! superbe! Fantastica! Wario prit donc sa distance d'élan réglementaire, s'élanca et lanca sa brique, que l'on ne retrouva jamais...

Bonne nuit!

20 votes. Moyenne 3.95 sur 5.